Citation du jour

« Dieu est un océan, dont nous n'avons reçu que quelques gouttes. »

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Il est faux que nous soyons dignes que les autres nous aiment. Il est injuste que nous le voulions. Si nous naissions raisonnables et indifférents, et connaissant nous et les autres, nous ne donnerions point cette inclination à notre volonté. Nous naissons pourtant avec elle, nous naissons donc injustes. Car tout tend à soi. Cela est contre tout ordre. Il faut tendre au général, et la pente vers soi est le commencement de tout désordre, en guerre, en police, en économie, dans le corps particulier de l’homme.

Nous connaissons donc l’existence et la nature du fini parce que nous sommes finis et étendus comme lui.

Nous connaissons l’existence de l’infini, et ignorons sa nature, parce qu’il a étendue comme nous, mais non pas des bornes comme nous.

Nous connaissons qu’il y a un infini, et ignorons sa nature, comme nous savons qu’il est faux que les nombres soient finis, donc il est vrai qu’il y a un infini en nombre, mais nous ne savons ce qu’il est. Il est faux qu’il soit pair, il est faux qu’il soit impair, car en ajoutant l’unité il ne change point de nature. Cependant c’est un nombre, et tout nombre est pair ou impair.

Nous sommes plaisants de nous reposer dans la société de nos semblables, misérables comme nous, impuissants comme nous. Ils ne nous aideront pas. On mourra seul.

Il faut donc faire comme si on était seul. Et alors bâtirait‑on des maisons superbes, etc. On chercherait la vérité sans hésiter. Et si on le refuse, on témoigne estimer plus l’estime des hommes, que la recherche de la vérité.

Notre instinct nous fait sentir qu’il faut chercher notre bonheur hors de nous. Nos passions nous poussent au‑dehors, quand même les objets ne s’offriraient pas pour les exciter. Les objets du dehors nous tentent d’eux‑mêmes et nous appellent, quand même nous n’y pensons pas. Et ainsi les philosophes ont beau dire : Rentrez‑vous en vous‑mêmes, vous y trouverez votre bien, on ne les croit pas. Et ceux qui les croient sont les plus vides et les plus sots.

Le roi est environné de gens qui ne pensent qu’à divertir le roi et à l’empêcher de penser à lui. Car il est malheureux, tout roi qu’il est, s’il y pense.

Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre.

Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.

La misère persuade le désespoir. L'orgueil persuade la présomption. L'Incarnation montre à l'homme la grandeur de sa misère par la grandeur du remède qu'il a fallu.

Quand ramasser devient trop aisé, se baisser devient difficile.

Le bonheur n'a pas besoin de s'étaler, ni de courir les sentiers pour attirer sur soi ses deux grands ennemis, l’œil et la langue.

Je ne sais plus sur quelle mappemonde
Lire tes frontières
Je n’ai plus l’habitude
Des intervalles
Et des repères

Mes songes ont perdu
Leur centre de gravité

La patrie est une herbe
Qui prospère
Sur les terres vagabondes
La pluie des larmes l’enracine
Dans l’humus
L’exil est son engrais